Au
Venezuela, la monnaie officielle est le Bolivar (symbole Bs).
Le nom de la monnaie vient de Simon Bolivar (1783-1830) à qui on donna le nom de libertador (libérateur) en 1813, pour avoir grandement contribuer à mettre un terme à la colonie espagnole au prix de multiples batailles et sacrifices humains. Plus d'info au chapitre géographie et brève histoire. En photo à droite, une des nombreuses représentations dans tout le pays de Simon Bolivar.
Cette monnaie n'est plus cotée comme le dollar ou l'euro par rapport aux autres monnaies depuis 2003 et la naissance du l'organisme d'état Cadivi qui effectue un contrôle du change bancaire.
Pour mémoire, en 2003, le Bolivar était coté à 1600Bs pour 1$US, en février 2004, on est passé à 1920Bs et en mars 2005 on est à 2150Bs et les économistes prédisent une autre dévaluation en 2009.
La dévaluation aura bien lieu, mais le 3 février 2010. Le camarade président impose un système possédant
désormais deux taux de change.
Un premier taux fixé à 2.6BsF (pour 1$US) pour les denrées alimentaires de première nécessité comme le
maïs, le blé, le sucre, l'huile...
Un deuxième taux fixé à 4.60BsF (pour 1$US) pour tout le reste, soit les machines à laver, les télés,
téléphones portables, les voitures...
L'autre subtilité imposé par l'actuel président Hugo Chavez, c'est que l'on ne peut plus avoir de dollars
à la banque. C'est ce que l'on appelle ici le contrôle du change bancaire.
Allant avec cette mesure, l'état régule les prix pour différents aliments et produits de première
nécessité comme le lait, le sucre, la farine, les oeufs, les pâtes, le riz, l'huile, les viandes, le pain
et bien d'autres, mais aussi le ciment et l'essence mais curieusement, l'eau ne
l'est pas.

Petit graphique de l'évolution du dollar parallèle issue du site controldecambio.
En avril 2009, pour faire face à la crise économique mondiale qui ne devait
pas toucher le Venezuela, le camarade président décide d'augmenter la TVA à 12%. Avant cela, la TVA à 9%
était l'une des plus basse d'Amérique latine.
Cela dit, la coutume de payer des impôts n'étant pas encore entrée dans le pays, il y a énormément de
fraude à la TVA. D'où de nombreux commerces fermés (avec affiches officielles sur les vitrines
estampillées "fraudeur") par l'équivalent du trésor public, le SENIAT (Servicio
Nacional Integrado de Adminstracion Aduanera y Tributari) jusqu'à l'obtention de la TVA et de
l'amende. Vous aurez d'ailleurs à remplir un formulaire à
l'aéroport pour le SENIAT si vous venez au Venezuela. L'état mène de plus
une grosse campagne qu'il appelle "plan évasion zéro" pour inciter les
acheteurs à demander une facture avec nom, adresse et numéro de carte d'identité, alors que le vendeur
est déjà dans l'obligation d'en établir une à chaque vente. En caisse, on ne vous dit pas souvent
"bonjour" mais on vous demande à chaque fois, votre numéro de carte d'identité afin d'établir une facture
en règle et accessoirement, savoir pour combien vous avez acheté depuis x temps (merci big brother). Je
précise que tout le monde se fout de savoir ce que deviennent ces données informatiques. Enfin, on parle
souvent de bolo comme abréviation de Bolivar. "100
bolo" c'est un peu comme dire en français "cent balles". De même qu'en français, "50 palos", c'est "50 bâtons", donc 50 millions. Cette expression était réservée pour
les anciens Bolivars, mais on l'emploie toujours.
Voici un autre petit graphique qui montre la variation du jour de l'Euro face au Dollar.
Ce taux peut vous aider à calculer des Bolivars au marché noir.
Exemple: (taux de change euro/dollar) 1.4 x (taux du Bolivar parallèle) 4.500 = 5.625BsF pour 1 euro
Ce calcul ne sert bien entendu à rien, puisqu'il est interdit de vendre ses devises au marché noir.
Comme tout ce qui ne sert à rien est bien souvent indispensable, je met à disposition (aux honnêtes visiteurs uniquement) une petite calculatrice euro-américano-bolivarienne.
Vous entrez vos euros ou vos dollars, vous chosissez votre taux €/$US qui est juste au dessus sur la
courbe et vous convertissez.
Vous pouvez aussi entrer directement des bolivars, ajuster le taux €/$US et convertir pour voir combien
cela vous fait en officiel ou au marché noir.
Si l'envie vous prend de perdre du temps, en changeant le taux du bolivar (qui est de 4.30) par le taux
sur la courbe encore un peu plus haut, vous pourrez reconvertir et vous apercevoir d'une différence, pour
le moins étonnante, entre la somme officielle et celle que doit debourser un vénézuélien pour se rendre à
l'étranger. En clair, un vénézuélien doit vraiment très bien gagner sa vie pour voyager à l'étranger.
Ce petit convertisseur a toutefois besoin de javascript pour fonctionner.
En faisait quelques tests et en convertissant par exemple le salaire minimum qui est de 800BsF (en mars
2009), vous pourrez voir ce que gagne un smicar vénézuélien. On peut facilement comprendre qu'entrevoir
des billets de 100€ ou 100$US dans les mains d'un petit étranger, cela peut attiser la convoitise.
Si un gars saper comme un clochard vous propose de changer vos billets au marché noir, libre à vous de
lui faire confiance.
Quand cela se passe mal, vu qu'il est interdit de vendre ses devises, il ne faudra pas compter sur l'aide
de la police.
Si jamais vous franchississez le pas et que vous vendez, méfiez-vous de l'arnaque typique: "vient avec moi dans un endroit plus tranquile". S'il est plus tranquile pour vous selon le vendeur ou la vendeuse, il le sera aussi pour lui ou elle. Un comité d'accueil pourra donc vous videz les poches non sans avoir pris soin de vous boxer légèrement. Cela arrive assez courament surtout aux jeunes femmes seules qui viennent pour acheter ou vendre et qui font confiance aux sourires des vendeurs profesionnels qui sont je le rapelle, tous illegaux puisque interdit.
L'autre arnaque est de passer par un commerce qui, soit disant, est autorisé à changer des devises
étrangères.
Un tel établissement est une banque ou une maison de change qui le fera au taux officiel. De plus,
l'arnaque courante est de dire au client:"je vais dans l'arrière boutique pour vérifier les billets avec
un appareil spécial". Si c'est une lampe à rayonnement ultra-violet ou limière noire, pourquoi ne l'a
t-il pas prés de la caisse?
Il vous refilera "vos" billets et refusera de vous les changer en prétextant qu'ils sont faux. Ce qui est
certain, car en arrière boutique, les faux sont prêts pour faire l'échange aux touristes.
Un changement de monnaie est intervenu le 1 janvier 2008. La monnaie s'appelle le Bolivar Fort.
On a supprimé 3 zéros: 1000 Bolivars (Bs) font donc 1 Bolivar Fort (symbole Bs.F).
Payer en espèce est de loin le mode de paiement le plus utilisé. Pour payer son loyer, sa facture d'électricité ou d'eau, son téléphone fixe ou portable, très souvent, on se déplace et on donne en main propre au service concerné, la somme en billet et monnaie et on signe un reçu. Donc il faut souvent un gros sac ou de bonnes poches pour porter les billets ainsi qu'un peu de patience, car vous n'êtes pas tout seul au guichet de recouvrement.
Les billets ont tous la même dimension quelques soient leurs valeurs, comme les dollars, et ont pour mesure 157mm par 70mm.
Le nom du pays ayant été modifié en 2002, les pièces et billets ont suivi. Les deux types de billets sont toujours utilisés et restent en circulation. De "República de Venezuela", on est passé à "República Bolivariana de Venezuela" en hommage à Simon Bolivar.
Un autre changement symbolique a été imposé par le président en 2004. Au dos du billet sont imprimées les armoiries du Venezuela, représentant un cheval courant vers la droite, avec la tête tourné vers la gauche. Le président trouvait que ce cheval ne marquait pas assez le virage politique du pays. Le cheval court donc maintenant vers la gauche sans tourner la tête. Visible ici
Pour les amateurs, quelques billets sur cette page qui n'ont plus cours, mais qui n'en sont pas moins beaux pour autant.
Une vue de groupe pour comparer leur taille à une pièce d'un euro.
La pièce de 1000Bs est quasiment égale à celle d'un euro, mais pas assez pour tromper un péage automatique d'une autoroute française.
Une fois par an seulement, vous pourrez acheter au taux légal (2150Bs pour 1$US) l'équivalent de 500$US (01/2009) si vous possédez un billet d'avion pour l'étranger et si vous faites la demande, bien en avance, auprès du ministère des finances pour avoir droit à votre argent. D'où l'existence d'un vaste réseau de marché parallèle pour avoir des billets verts à un taux bien supérieur. Evidemment, c'est illégal, mais c'est la manière fréquemment utilisée pour ne pas perdre de pouvoir d'achat quand on a la chance de pouvoir économiser une partie de son salaire. Vue l'inflation qu'il y a dans ce pays, garder des Bolivars vous fait perdre entre 25% et 30% par an. Alors que si vous avez converti, grâce au marché parallèle, des bolivars en dollars, vous ne perdez rien, au contraire, vu que le prix du dollar parallèle varie (et augmente souvent) tous les mois. Cela dit, au début 2008, le dollar parallèle a baissé. Il n'est pas rare d'entendre à la radio qu'il existe de nombreuses fraudes et scandales, mettant en cause des fonctionnaires d'états et des banques pour l'attribution de cette autorisation.
Les cartes de crédits ou de paiements, (je reviens sur la nuance plus bas) ne permettent pas de payer ou retirer de l'argent dans un autre pays. Les cartes Visa ou Mastercard, Premier, Gold ou classique, issues des banques vénézuéliennes sont bloquées.
Pour payer par internet ou à l'étranger (même dans un pays voisin comme le Brésil ou la Colombie), il vous faut demander l'autorisation au service d'état appelé Cadivi qui dépend du ministère des finances. La demande consiste, dans un premier temps, à s'enregistrer sur le site internet de l'organisme qui est très souvent saturé. Vous devez par la suite montrer votre réservation de billet d'avion ou votre billet original à ce service. Une fois l'autorisation accordée et la modification bancaire effectuée, vous pourrez acheter par internet jusqu'à 400$US par an (01/2009), ainsi que payer par carte dans un terminal bancaire à l'étranger 2500$ par an et sortir un maximum de 250$ par mois dans un distributeur de billets. Cette autorisation, bien que longue à avoir, est toutefois automatiquement reconduite d'une année sur l'autre et lors du renouvellement de la carte. Il est probable que ces sommes varient dans un futur proche. Le paiement à l'étranger ne peut se faire que si vous possdez une carte de crédit et non de débit.
Les fraudes étant nombreuses et organisées, bon nombres de personnes ayant consommées leurs quotas de dollars sont invitées quelques semaines après, à se rendre en personne au ministère avec leurs factures d'achats (un rendez-vous leur étant fixé). La fraude facile par exemple, c'est d'aller dans un commerce étranger que vous recommande votre contact. Le commerçant vous débites votre carte pour un achat fictif et vous rend la monnaie en espèce (comprenez en dollar) moins sa commission. Et voilà, vous avez des dollars en poche, un peu plus cher que le taux légal, mais comme il n'y en a pas au Venez, c'est mieux que rien. Je pense que le commerçant doit avoir une comptabilité assez spéciale, mais il y a beaucoup d'îles dans les caraïbes où les services fiscaux sont aveugles ou inexistants.
Fin 2007, l'état a interdit les cartes de crédit prépayées. Vous veniez avec des espèces, et on vous vendait une carte de crédit pour le montant de ce que vous ameniez. Cela permettait par exemple d'avoir droit à son quotas de dollar avec Cadivi. La fraude devait être trop importante. Cela permettait aussi d'avoir accès à certains services comme la télé par satellite où internet qui ne se payent que par cartes bancaires, sans avoir de compte en banque. Je ne crois pas que cela existe en France.
Concernant, les cartes bancaires, il faut distinguer les cartes de paiements immédiats et les cartes de crédits.
Pour la tarjeta de debito
(carte de paiement immédiat), le porteur de la carte doit obligatoirement posséder un compte bancaire sur
lequel l'argent est retiré à chaque achat. La plupart du temps, cette carte porte le sigle Maestro. La
carte peut parfois ponctionner sur un compte courant à débit immédiat mais aussi sur un compte épargne.
Ce qui me parait contradictoire puisque si c'est de l'épargne, c'est pas fait pour payer, mais ici, c'est
possible.
Pour la tarjeta de credito (carte de crédit), où le taux est vertigineux, vous n'êtes pas
obligé d'avoir un compte dans la banque qui vous vend le service. C'est la subtilité majeure qui rejoint
le modèle de consommation américain. Vous êtes libre d'avoir autant de cartes de crédits que vous le
souhaitez. Vous devez simplement avoir des références bancaires qui prouvent que vous êtes solvable lors
de la demande.
Lorsque vous l'utilisez, suivant les banques émettrices, le taux varie de 19 à 33% par an (en mai 2008). Dans ce cas, tous les mois, vous allez à la banque payer vos mensualités ou vous faites un virement par internet en temps et en heure pour ne pas avoir de pénalités s'additionnant au crédit. Vous devez donc affronter les nombreuse queues et files d'atentes pour accèder au guichet, remplir votre bordereau et faire votre dépôt. Vous pouvez de plus retirer des espèces à crédit grâce à cette carte dans la limite que vous avez fixé avec votre banque.
Obtenir une carte de crédit est légèrement différent de ce que je connais en France. Vous devez vous rendre à la banque que vous avez choisit pour faire votre demande munit de votre dossier. Là, comme il n'y a pas de rendez-vous possible, vous faites la queue, comme tout le monde, car vous n'êtes pas tout seul. Vous devez avoir avec vous, des photocopies de votre carte d'identité ainsi que l'original, un certificat de travail à jour, émis par votre employeur avec votre salaire et votre type de contrat et enfin, un petit formulaire à remplir que vous devez télécharger depuis le site internet de la banque (s'il fonctionne). La banque envoie cela à la maison mère, c'est à dire à Caracas, et on étudie votre cas pendant trois semaines et on vous donne une réponse en vous contactant par téléphone puisqu'il n'y a pas de courrier. La banque vous transmet les montants du crédit total qu'elle vous autorise sur cette carte. Vu le temps que cela prend, on demande souvent deux cartes (Visa et Mastercard). Je n'ai pas encore compris la différence entres ces deux organismes. Il est courant que certains commerces n'acceptent que l'une d'entres elles. On est contant de savoir que l'on a l'accord mais c'est pas terminé. Maintenant, la banque vous envoie normalement sous trois semaines vos cartes par courrier.
Vu qu'il n'y a pas d'organisme digne de se nom pour un service de courrier fiable, comme La Poste en France (si si, j'insiste, depuis le Venezuela, La Poste me parait désormais vraiment fiable), il a toutes les chances pour que votre carte n'arrive jamais chez vous. Mais elle n'est pas perdue, car la carte se retrouve dans les mains d'un fraudeur qui va l'utiliser à votre place.
Il me paraîtrait plus simple d'envoyer la carte à votre banque et d'aller la chercher en main propre, mais ici, c'est pas possible. Il y a trop de fraudes et clonages dans les petites agences bancaires, donc, seul l'agence de Caracas s'occupe de l'émission et de la remise des cartes de paiement.
Par exemple, le service de livraison pour la banque de ma compagne (Banesco) a déclaré que l'adresse donnée par la banque était "incorrecte". Cela dit, on reçoit les extrait de compte à la même adresse (certes avec quelques mois de retard), mais par un autre service de courrier privé. Admettons...
La carte repart donc à Caracas (selon le transporteur) et il faut faire une nouvelle demande depuis une banque de votre région pour que l'on envoie une nouvelle fois la carte avec une bonne adresse. On a donc spécifier que l'on irait directement la chercher chez le transporteur, cela sera plus rapide et plus sûr. En gros il faut compter au minimum un mois et demi quand tout va bien pour avoir sa carte de crédit. De plus, il n'y a pas comme en France, la notion de banque ou d'agence dont vous dépendez. Ici, on va dans n'importe quelle succursale de sa banque et on montre à chaque fois sa carte d'identité car on ne vous connaît pas. Vu que tout est traité à Caracas, le mec que vous avez devant vous ne sait pas ou vous travaillez, ce que vous avez comme crédit ou autre...super pratique.
On peut payer par carte bancaire de
manière automatique tous les mois, un abonnement à internet ou un téléphone cellulaire. Pour certains
types d'abonnements, comme internet sans fils ou la télé par câble ou encore satellite, le mode de
paiement par carte est imposé par la société qui commercialise le service.
Il est donc vivement conseillé de bien déterminer à qui on peut faire confiance car les risques de clonage de cartes sont très importants. Je précise que les cartes n'ont ici qu'une piste magnétique et aucune puce.
J'ajoute que la commission que prend l'organisme bancaire sur chaque paiement est à la charge du client et non du vendeur. De plus, lorsque vous payez par carte, il vaut mieux que le commerce ait un terminal bancaire affilié à votre banque, sinon, vous payez une majoration. Cette majoration effectuée par le commerçant est visiblement illégale, mais je l'ai souvent vu. On voit donc une prolifération de terminaux, notamment dans les magasins les plus grands, comme ici dans un supermarché.
Ce mode de paiement est particulièrement lent à effectuer. En caisse, vous devez présenter votre carte bleue ET votre carte d'identité. Le caissier passe la carte bleue pour lire la piste magnétique puis tape le code correspondant à la banque, puis saisit le code de sécurité à 3 chiffres qui se trouve au dos, puis votre numéro de carte d'identité qui est lié à votre de crédit et demande parfois si c'est un compte courant ou épargne (je ne crois pas que je puisse payer en France avec une carte qui débite sur mon livret A, mais ici, c'est possible!). Vous tapez votre code secret, interrogation auprès de votre banque, le papier s'imprime et vous devez le signer et inscrire votre numéro de téléphone et votre numéro de d'identité. Je doute fort que ma carte européenne soit acceptée par ces terminaux ou par le vendeur, puisqu'elle n'est pas liée à ma carte d'identité ou mon passeport. Certains commerces me refusent même de passer la carte car ils me disent que c'est une carte de crédit car j'ai le logo Master Card. D'où la majoration que tente d'imposer le vendeur. Pourtant, ma carte en France est à débit immédiat sans aucune forme de crédit.
Symbole d'un système bancaire ancien,
les chèques sont compensables en espèces au guichet de la banque émettrice du chèque. On vérifie pour
cela votre identité et on prend une photo de vous (évidemment sans casquette ni lunette de soleil)
accompagné du chèque et de la carte d'identité. Certaines banques ont un petit encrier spécial sur le
comptoir. Vous devrez donc encrer votre pouce et imprimer votre empreinte digitale au dos du chèque en
plus de la photo.
Quand vous payez par chèque dans une grande surface par exemple, la caissière téléphone à un service bancaire pour savoir si la somme à débiter est bien sur le compte. Dans le cas contraire, on refuse votre chèque.
Si vous êtes processeur d'un chèque non endossé à votre nom, celui-ci peut être contre-signé afin qu'une autre personne puisse l'encaisser sur son compte ou avoir la somme en espèce. D'où la grande facilité de ne pas déclarer ce que l'on encaisse quand on fait du commerce.
Les signatures des chèques sont vérifiées au coup par coup. De plus, à partir d'un certain montant (1000 BsF suivant les banques), on téléphone à la personne ayant signé le chèque pour s'assurer que ce n'est pas un vol. Même si cela parait une bonne chose, cela a ses limites. Je m'explique:
Une personne qui vient au guichet avec son chéquier et voulant des espèces, fait
un chèque au nom de sa banque. Pour l'avoir vu de mes yeux, il arrive que la banque refuse un chèque
signé de la main même du titulaire du compte, signant sur le comptoir, car ils vont vérifier la signature
enregistrée quelques temps avant, à l'ouverture du compte. Si la signature semble être différente ou
douteuse, le chèque est refusé. D'où des files interminables, en début et fin de semaine, (parfois
plusieurs heures, particuliers ou professionnels) devant les banques pour encaisser les chèques ou pour
avoir des espèces. J'ai demandé plusieurs fois pourquoi ces personnes n'allaient pas au guichet
automatique. J'ai eu systématiquement la même réponse. On limite le montant des retrais par carte au
distributeur car en cas de vol ou de clonage, on ne perdra pas énormément. Je précise que le vol ici,
c'est pas à l'arraché, mais plutôt au pistolet sur le tempe. Dans ce cas, si on te demande ta carte et
ton code, tu le donnes sans résistance avec les clefs de ta bagnole.

Il existe un service dans certaines banques où l'on attends dans sa voiture allumée, avec la clim. Vous arrivez devant un guichet muni d'un gros tube en plastique qui convoie de manière pneumatique votre remise de chèque jusqu'à un guichet à l'intérieur de la banque.
Si vous avez demandé des espèces, le tube revient avec la somme et vous comptez vos nombreux billets sous les violents coups de klaxons des voitures derrière vous.
Les distributeurs de billets ne permettent pas de faire cette opération, puisque l'on vérifie au coup par coup votre signature qui est enregistrée informatiquement dans la banque.
De même, vous ne pouvez pas faire de dépôt d'espèce depuis un distributeur. Vous pouvez cependant éditer un rib ou un extrait de compte.
Pour l'année 2007, l'état prévoyait une inflation à 12%. Elle a atteint 22.5% à la fin de l'année (chiffre officiel du gouvernement). Au début de l'année 2008, l'état annonce une prévision d'inflation à 11%. Il n'y a pas grand monde qui croit ici que l'on arrivera à ces chiffres, un peu comme en France à ce que je vois d'ici.
Plus tard, j'entends à la radio que la Banque Centrale du Venezuela (BCV) a recalculé l'inflation sans tenir compte des prix régulés. Il faut quand même avouer, que calculer l'évolution d'un indice des prix en y incorporant des prix fixes (car fixés par l'état), relève du grand foutage de gueule. C'est pourtant ce que fait le gouvernement du pays en "oubliant" de la préciser.
Selon la BCV, l'inflation serait donc de 28% pour l'année 2007, mais ce n'est pas un chiffre annoncé par le gouvernement.
La BCV vient de donnée début 2009 une inflation à 30.9% pour l'année 2008. Le chiffre réel si l'on enlève les prix régulés par l'état serait plus prés de 40%. Enfin dans le journal El National (du 11/01/09), je viens de voir que le coût de la vie au Venezuela depuis l'arrivée du "Señor Commandante Presidente Hugo Rafael Chavez Fria" est de 556%. Cela correspond à 10 années de mandat. C'est le record absolu dans toute l'Amérique Latine. Je ne doute pas que ces chiffres soient contestés par les inconditionnels du président.
Comment se portent les autres pays d'Amérique Latine?
Selon le journal précédement cité, voici les chiffres officiels.
| Pays | Inflation 2008 en % | Inflation 2009 en % |
| Venezuela | 30.9 | 25.1 |
| Argentine | 7 | 15.2 |
| Nicaragua | 13.9 | 19.8 |
| Costa Rica | 13.9 | 4.1 |
| Bolivie | 11.8 | 0.3 |
| Uruguay | 9.19 | 5.9 |
| Brésil | 5.9 | 3.6 |
| Equateur | 8.83 | 4.3 |
| Colombie | 7.7 | 2 |
| Chili | 7.1 | -1.4 |
| Mexique | 6.5 | 3.6 |
| République Dominiquaine | 4.5 | 10.6 |