Une boulangerie au Venezuela n'est franchement pas comme en France.
Déjà, les boulangeries sont aussi des pâtisseries, mais pas
seulement. Elles font souvent petite boucherie ainsi que fromager et vendent des sandwichs.
De plus on y vend des boissons normalement non alcoolisées (mais peuvent avoir une licence pour en vendre) comme du café, des jus de fruits et, bien évidemment, des sodas américains en plus de la boisson du Venez, la malta.
Les boulangeries sont dotées de tables et de chaises comme dans un salon de
thé.
En fait, vous pouvez aller y faire vos courses si le porte monnaie est garni.
En France, j'appellerais cela, une épicerie. On vends du pain bien sûr,des pâtisseries (avec moins de choix qu'en France) mais aussi du jambon à la découpe, du ciflard, des saucisses (pour faire vos propres perro caliente),du fromage à la découpe, des conserves, de la farine, des pâtes, des céréales, des jus de fruits, du lait (liquide en brique UHT quand il y en a), du miel, du sucre et évidement quelques arepas, empanadas, croissants aux jambon et autres trucs salés.
A Noël, on y vend aussi de très bons pan de navidad.
C'est évidemment plus cher que dans un marché ou un supermarché ou
même dans la rue. Mais c'est du commerce. En France comme au Venez, vous n'êtes pas obligé d'acheter et si
vous voulez une plaque de chocolat, ce n'est évidemment pas à la boulangerie que vous allez la trouver au
meilleur prix.

Vous rentrez, vous patientez votre tour en prenant soin de prendre un ticket, quand c'est une grande
boulangerie (panaderia).
Quand c'est à votre tour, on vous sert en remplissant une petite fiche réutilisable que vous apportez à la caisse, en sortant pour payer.
Cela m'a paru bizarre, mais c'est comme cela dans beaucoup de commerces, même petit. On vous sert et quand vous avez fini, en sortant, si vous avez consommé sur place ou non, vous allez à la caisse, et rebelote, vous attendez votre tour pour raquer: pratique ! On est pas pressé.
Je précise qu'il est extrêmement rare que les clients sortent sans payer. Je suis toujours aussi surpris de cette honnêteté alors que l'on est bien incivile pour beaucoup d'autres choses.
L'attente en caisse, vous permettra de regarder ce qui se vend dans les vitrines, comme des chips de banane plantain, des cacahouètes, des bonbons, des clopes, des briquets, les journaux, les recharges de crédits téléphoniques et parfois un peu de quincaillerie genre ampoules et rallonges électriques, savons, papier toilette...
Plus haut, en photo, ma tartelette aux fraises avec un swcheppes soda (qui n'est ni plus ni moins que de l'eau pétillante, sans quinine). La tartelette est vendue avec sa cuillère et sa barquette en polystyrène. Vous en verrez beaucoup à même le sol, dans tout le pays. La papier et le carton, c'est plus cher que le plastique, mais cela se désagrège, à la longue, quand on a l'immense paresse de le balancer par terre et de ne pas chercher une poubelle. Il faut dire que les poubelles sont rares. (2 douceurs, un soda pour 13 000Bs soit 6$US, en gros 4.3€)
Tien, encore un truc que j'avais encore
jamais vu.
Une machine à presser les oranges version boulangerie, je veux dire par là, gros volume. On n'épluche pas les oranges, on ne les coupe pas, on ne les presse pas, je me demande même si on les lave. Tout est automatique. Plus tard, j'en verrai d'autres plus grandes encore.
On rempli le réservoir du haut, et on allume. Les oranges tombent par gravité dans un toboggan et sont ensuite coupées en deux puis pressées grâce aux deux roues que l'on voit au centre. Les réservoirs latéraux s'occupent de stocker les oranges, une fois passées dans la presse.
Tout est presque automatique: le jus coule dans le récipient en plastique garni d'une petite passoire, mais le truc, c'est qu'il faut surveiller le niveau et arrêter la machine.
Comme je faisais des photos et que la lumière du flash se reflétait sur le plastique translucide, cela ne me plaisait pas et j'ai recommencé plusieurs fois à quelques minutes d'intervalle avec et sans flash, sous différents angles. Bref, j'ai du passé pour un bouseux de gringo n'ayant pas vu de machine à presser les oranges. Le mec me regardait mater mes photos sur ma chaise avec mon café et a oublié le niveau, d'où débordement et le chef qui l'engueule.
Les prix des farines domestiques de blé et de maïs sont régulés. La farine de boulanger aussi. Il en va de
même pour quelques variétés de pains vendues au poids comme la baguette qui porte le nom de canilla et les petits pains pour sandwichs que l'on appelle curieusement pan frances.
L' inflationdans ce pays étant dingue, il est difficile de parler de prix, car une fois ma page écrite, cela sera déjà faux car le prix aura changé.
Cela dit, je peux donner les prix d'un passé pas trop lointain. En juin 2007, le sac de 50kg de farine de boulanger coûtait 50 000Bs ou 50BsF tandis que le prix du pain régulé (canilla)était de 2.52BsF/kg (soit 1.17$US, en gros 0.9€ ).
Bon,là, c'est pas dur de voir que le kilo de farine est à 1BsF, et que le boulanger vend 2.52BsF/kg son produit fini.
Je ne suis pas boulanger. Il y a quoi dans le pain à part de la farine, de l'eau, du sel et de la levure ? (en prenant soin d'oublier la main oeuvre, les locaux, les machines....).
Le prix de la farine et du pain n'avaient pas été modifiés depuis novembre 2004 selon les sources officielles.
Quelques mois après, les 50kg de farine passent à 100Bsf et le prix régulé du pain ne change pas. Là, les boulangers font la gueule. Ils ne sont pas contents du tout et protestent pourla libéralisation des prix du pain car le prix du blé varie constamment. C'est vrai que le prix du blé varie, mais quand la farine était bien moins cher, ils ne demandaient pas comme maintenant les prix libres.
Il fallait à mon sens demander les prix libres dans le but de les faire baisser, profitant évidemment aux consommateurs.
Aujourd'hui, on demande la libéralisation des prix pour que le boulanger gagne plus. Le client s'en fout, il veut son pain et moins cher.
Au jour où j'écris cette page (mi février 2008) le sac de farine de boulanger se dirige vers les 150Bsf, toujours pour 50kg. Il parait quel'on manque de blé au niveau mondial ?
Le prix du pain régulé a donc été augmenté à 2.99BsF.
La fédération des boulangers déclare que
la hausse est insuffisante. De plus, ils se plaignent de ne pas recevoir la quantité de farine qu'ils
commandent, ce qui, à mon sens, est plus inquiétant.
Il manquerait en ce début d'année plus de la moitié de ce qu'ils commandent si l'on en croit la presse et la fédération des boulangers.
Les boulangers ne sont pas débiles. Ils sont commerçant avant tout et si on ne gagne pas (ou pas assez) d'argent en vendant un produit, on l'arrête et on fait autre chose.
C'est simple à comprendre. Si je perds des tunes à produire et à vendre un truc, en arrêtant, j'arrête de perdre.
Il est donc parfois difficile de trouver du pain au prix régulé car les boulangers préfèrent fabriquer du pain spécial dont le prix n'est pas régulé. On va donc trouver du pain complet ou de campagne ou bien encore "enrichit".
Il échappe à la réglementation et on peut donc le vendre bien plus cher, ce qui permet de gagner mieux sa vie, ce qui n'est pas du tout condamnable.
Mais maintenant, en plus des boulangers, c'est le client qui n'est pas content: il y a moins de pain et il est plus cher.
Encore une règle du commerce: quand il y moins de produits sur le marché, la valeur du produit augmente.
Edité en février 2008