Je vais essayer de rester fidèle à mes premières impressions lorsque je suis arrivé et commencer par le début: l'avion qui se pose à Maiquetía, l'aéroport de Caracas, en janvier 2007.
Lorsque l'on se prépare pour atterrir, et que l'on a la chance d'être proche d'un des hublots du 747, on voit en premier du soleil, des cactus et une végétation bien jaune quasiment désertique. On aperçoit aussi les restes d'un éboulement de terrain géant sur la montagne tout prêt de la piste et qui causa la mort de 2000 personnes sur les pentes de Cerro el Avila. Puis saute à mes yeux des cabanes faites de tôles ondulées. Ce ne sont pas de cabanes, ce sont des habitations! OK, le ton est donné, il faut bien que je me rappelle que j'arrive dans un pays ou les pauvres sont très pauvres. Pauvre au point d'avoir une "maison" faite de rien, avec le sol en terre et les ordures dehors, à quelques mètres seulement de l'entrée.
On sort, de l'avion lentement, car on est pas tout seul, et agréable surprise, la passerelle est climatisée. Pour comparaison, à Paris, la passerelle en janvier à 10h du mat, n'est pas chauffée. Quelques formalités: "buenas tardes, yo soy turista", douanes, tampons, bagages... facile. Mais c'est bizarre, il n'y a pas de monde et il fait bien frais. Je vais pour sortir, et là, un mec en civil me demande mes papiers.
- "Attends, c'est bon, je les ai montré mes papiers!". Erreur, ce n'est pas la police, mais une personne de l'aéroport qui vérifie, à l'aide de ton billet et de l'autocollant code barre collé sur ton bagage, que tu ne te casses pas avec celui d'un autre. Alors là, je suis surpris, il y a des mecs payés pour vérifier cela ? C'est terrible ! Un bon point pour le Venezuela.
Une fois sorti de la zone des tapis roulants, là ce n'est plus pareil. Une foule de gens est agglutinée aux rambardes et te crient "Taxis, Dolares, Euros !!!". "Merci les gars, mais j'ai besoin de rien, je vais à l'aéroport national, juste à coté". Je suis à l'aéroport international de Maiquetía et je vais à l'aéroport national pour prendre un vol qui va à 330km à l'est de Caracas. Chose qu'il ne faut pas dire. Pêne perdue, on vous suit, vous propose de porter vos bagages, de trouver un hôtel et de vous changer des Bolivars au marché noir.
En fait, c'est le même aéroport, la même piste, mais il n'y a pas de communication entre les deux pour les passagers (depuis début 2008, la connexion existe enfin). Donc, vous sortez sous un soleil de plomb qui vous pèse d'un coup sur le dos et vous faites rouler vos valises (si elles ont des roues) dans les escaliers et sur les trottoirs défoncés jusqu'à l'autre entrée. Là, en quelques centaines de mètres, je vois et j'entends pour la première fois les voitures du pays et leur manière de conduire. On conduit au klaxon, si tu ne sais pas pourquoi tu klaxonnes, les autres le savent et se méfient.
Mais au fait, pourquoi prendre l'avion pour faire à peine 330 bornes ?
- On ne peut pas y aller en train ?
- En train, c'est pas possible car il n'y a plus de train depuis plus de 40 ans (trains au charbon pour
les marchandises le plus souvent). Il y en a eu, mais maintenant rien ou presque. Maintenant, ils ont des
voitures américaines. Cela ne me parait pas un bon échange, mais bon, on verra bien par la suite.
- OK, et il n'y a pas une autre solution, je ne sais pas moi, une autoroute ?
- Si, on peut y aller en bus depuis le centre de Caracas. Et il faut entre 5 et 6 heures pour faire le
parcourt et il faut auparavant faire les 45km jusqu'au centre en taxis (ou en bus navette mais il est
parti) en sachant qu'il y a des faux taxis qui ne t'emmènent pas où tu demandes.
- OK, on y va en avion !
Plus tard j'apprendrai qu'il y a bien moins de loueurs de bagnoles, dû aux problèmes d'assurances.
Aéroport national, fouille, refouille, et encore fouille, détecteur de métaux, enlève tes pompes et ta ceinture, ouvre ton sac à dos. "Non je ne suis pas terroriste, mais touriste, cela doit être mon accent" rayon X trois fois, blablabla...classique.
Retard d'une demi heure puis retard d'une heure pour arriver à une heure et demi, mais rien d'anormal, l'avion va toujours partir. OK, on ne stresse pas. Mais c'est bizarre, il est à peine 18h et il fait nuit noire. Oui, ici, il fait nuit tôt et cela tombe très vite. En une demie heure, on passe du jour à la nuit. Il commence à faire froid dans cet aéroport, les climatisations sont balaises. Je m'apercevrai par la suite que c'est partout pareil, les clims sont à fond et les thermostats, dans leur majorité, ne fonctionnent pas ou sont mal placés.
On embarque, 30 min de vol, et hop, nous sommes à Barcelona capitale de l'état d' Anzoàtégui. Pour comparaison l'aéroport est tout petit mais on vérifie une fois de plus si j'ai bien pris le bon bagage avec mon vin blanc et mon foie gras.
La famille vient nous chercher: ¿Buenas noches, que tal? Une bise seulement, on te sert la main et l'autre te tapote le dos, c'est le salut du Venezuela. Hop, en voiture ou plutôt en 4x4. Vroooooum, on est propulsé par un V8 américain et, en fait, il y en a partout sur le parking. On nous attends depuis un moment, on va casquer terrible en parking, mais non, une misère (500Bs/h soit 0.23$US/h à l'époque).
Commence alors un tout petit voyage ou l'on croise des bagnoles d'un autre temps au bruit de moteur de
bateau, sans lumière ni plaque d'immatriculation. Le chauffeur fait de temps à autre quelques évitements
d'urgence et freine au dernier moment quand un feu est rouge et qu'il compte s'y arrêter.
- "Vous n'êtes pas trop chahuté? La route est en mauvais états, ils doivent la refaire".
C'est peu de le dire, mais pour moi la journée commence à se faire longue (après les 9h d'avion et debout depuis 5h du mat), j'avais envie de dormir, la route, les bagnoles américaines, je verrais cela plus tard.
On se rapproche de l'appartement de la famille, et j'aperçois de hautes résidences avec des murs de trois mètres de haut, munis de clôtures électrifiées et du barbelé américain un peu sur tous les murs. On arrive à l'entrée de l'immeuble qui est gardé toute la journée par un vigile. Je le vois dans sa cahute en train de relever la plaque de la voiture et de noter sur son registre. Je vois quelques caméras et le parking qui est éclairé comme en plein jour. Je demande si tout cela est bien nécessaire et on m'affirme que l'insécurité a beaucoup augmenté et que le pays est devenu depuis quelques années extrêmement dangereux. C'est rassurant!
L'ascenseur est grand, mais avec tous les bagages, je ne rentre pas. Je monte donc à patte et je m'aperçois bien vite dans la cage d'escalier que l'électricité n'est pas top niveau. Les fils pendouillent, pas de dominos mais du chatertone (quand ils ne sont pas à l'air libre) et des lumières de sécurité qui ne sont pas raccordées. C'est du détail, mais en France, dans mon boulot, je fais aussi un peu d'électricité, alors, je le vois tout de suite. Je me rendrai compte, hélas, dans les prochains jours que c'est un immeuble de luxe. Le pire est donc à venir et visible au chapitre bâtiment et électricité.
Une fois dans l'appartement, on m'explique que je suis convié au repas. Sauf, que j'ai déjà mangé dans l'avion et qu'il est bien tard lorsque je regarde mon heure française, j'ai fait un tour de cadran. Le table étant mise et tous les plats étant en place, pour ne pas vexer, je me suis assit et je ne me suis pas forcé à dîner, vu que c'était délicieux. J'espère faire une bon résumé de la cuisine du Venezuela dans le chapitre que je lui ai consacré.
Voila pour le récit de mon arrivée au Venezuela.
C'est excellent ta description de ton arrivée au Vzla! Moi, je suis venezuelienne, marié avec un français qui vient de me dire que ton recit est pil poil comme son experience, la premiere fois qu'il est venu me voir, en janvier 2006! Je te remercie beaucoup de prendre ton temps pour écrire sur mon pays! 100% objetif!