Je m'en vais vous raconter comment j'ai découvert le système de soin du Venezuela.
Je suis allé voir quelques médecins, laboratoires d'analyses et cliniques non pas pour moi, mais pour ma compagne. Ma charmante compagne me dit donc qu'elle a pris rendez-vous chez sa gynécologue et me demande si je veux l'accompagner. Moi, je me dis pourquoi pas. Je vais découvrir une partie du corps médical vénézuélien.
- Moi: A quelle heure as-tu rendez vous ?
- Elle: A partir de 2h PM. (Oui, dans ce pays, on dit pas 14h ou 16h30, mais 10h AM ou 2h30 PM)
- Moi: Comment cela à partir de 2h ? Un rendez vous, il y a une date et une heure !
Première différence, et pas des moindres: Ici, pour un toubib, aussi renommé qu'il soit, il n'y a pas d'horaire. Tu viens quand tu peux et tu attends ton tour.
On arrive donc à 2h PM devant une porte vitrée munie d'une grille et d'une serrure électrique. On a une vue sur la salle d'attente où trois patientes attendent leur tour. On sonne et pas mal de temps après, la gynéco vient nous ouvrir la porte avec sa clef, car il n'y a pas de poignée à l'intérieur. De plus, la secrétaire n'est pas là, c'est la gynéco qui fait le portier pendant son rendez-vous.
Une fois à l'intérieur, tu attends ton tour et si tu veux sortir, tu ne peux pas, puisque c'est fermé à clef. Intéressante notion d'une salle d'attente avec télé sans antenne qui diffuse des novelas (série télé traînant en longueur genre "Les feux de l'amour", mais avec ici de jeunes femmes aux poitrines généreuses et aux décolletés toujours profonds).
Après une heure d'attente, une femme enceinte jusqu'au coup arrive toute affolée avec sa famille. Elle vient d'avoir un accident de voiture et à peur pour son bébé. Elle nous demande si elle peux passer avant nous. On ne va pas jouer le couple de vieux cons et dire: "Ha ben non alors, on était là avant !". C'est enfin au tour de ma compagne. Je l'attends, et elle ressort avec une mauvaise nouvelle, après échographie, son fibrome s'est considérablement développé. Il faut faire une intervention chirurgicale pour le virer. A bientôt, cela fait 110 000Bs ou 110BsF.
Le problème n'était pas l'opération en elle même, mais les préparatifs. Première petite chose à faire: analyse d'urine.
Chose très simple à faire, que je me dis. Oui, mais il faut avoir le flacon en plastique stérile que l'on achète en pharmacie. Première pharmacie que l'on trouve: No hay. Il n'y en a pas. Une deuxième et une troisième pharmacie, et ainsi de suite, il n'y en a pas. On trouve enfin dans la famille proche un flacon en stock. Elle a eu la bonne idée d'en acheter deux lorsqu'elle en avait besoin d'un seul.
Analyse d'urine dans une clinique privée qui dispose d'un labo et où trône dans l'entrée un distributeur de billet. Coût de l'analyse, 50BsF que tu payes d'avance au cas où tu ne reviendrais pas chercher tes résultats et une semaine d'attente. Les résultats sont mauvais, donc on téléphone à la toubib qui nous dis de passer le lendemain pour qu'elle nous donne une ordonnance. Elle ne nous fera attendre qu'une heure pour nous offrir une ordonnance (puisque gratuite).
Le traitement dure une semaine, cela nous laisse le temps de trouver un flacon plastique pour la nouvelle analyse. On paye une nouvelle fois les 50BsF pour refaire l'analyse après les antibios et deux jours après, c'est prêt: Stupeur, les résultats sont exactement pareils, les mêmes chiffres et pourcentages aux mêmes endroits.
On va voir la toubib qui nous explique que l'on a eu le tort de faire l'analyse au même endroit en peu de
temps et au même nom. Donc ils se sont contenté de réimprimer la première feuille sans refaire
l'analyse.
- Je rêve, je suis en plein rêve! Où est le sérieux dans ce pays où tout est possible ?
On est donc parti pour faire encore une autre analyse, mais bactériologique cette fois ci et ailleurs: 100BsF, le double de la simple analyse et qui révélera que l'infection a bien été traitée.
Maintenant que ma compagne est dans les conditions de se faire opérer, on va voir une clinique (donc privée) pour faire un devis selon une lettre faite par la gynéco. La clinique établit un devis écrit que l'on doit communiquer à l'assurance hospitalisation privée (à ne pas confondre avec sécurité sociale que j'expliquerai plus tard). Cette assurance examine le dossier médical avec les photos des échographies, les rapports et le suivit médical de la gynéco et le devis de la clinique. Ce n'est qu'après quelques jours qu'elle communique par écrit ce qu'elle prendra en charge de l'opération et à une certaine hauteur sur un total de 5400BsF. Cela fait tout de même 9 mois de salaire minimum. Je précise, le Venezuela n'ayant pas de service postal digne de ce nom, tu vas chercher la lettre après que l'assurance te passe un coup de fil. Evidemment, comme c'est une assurance, il y a une franchise de 200BsF qu'il faut payer à la clinique avant l'opération.
Pendant le temps de réflexion de l'assurance, la gynéco (qui va opérer) nous demande un bilan de santé, donc un petit tour de plus chez un cardiologue, une radio du thorax et enfin, une visite chez un pneumologue. Notez qu'a ce stade, on ne sait pas encore si l'assurance va être d'accord ou pas, mais on a des dates très tendues pour l'opération car la clinique a un planning très chargé. Si l'assurance dit no, les visites pour le bilan de santé ne seront pas remboursées comme pour les analyses et les frais de la gynéco. Modèle d'assurance hospitalisation privée très intéressant n'est ce pas ?
On téléphone pour prendre rendez-vous, et là encore, on nous donne les horaires d'ouvertures du cabinet et non pas un rendez-vous. Le cabinet ouvrant l'après-midi à 14h, on part pour y être à l'heure. Pas de bol, les bus sont absents et on fera donc une bonne partie du parcourt à pied pour enfin trouver un bus et être au cabinet à 14h15. Trois personnes sont devant nous.
Problème de taille: le docteur n'est pas là. Il est parti pour une urgence et sera de retour vers 15h selon sa secrétaire. On va donc faire un tour à la panederia (une boulangerie) et acheter quelques magazines car on sent que le toubib ne sera pas là comme nous l'indique sa secrétaire. Le cardiologue arrive à 17h30 et on sortira à 19h. Coût de la vérification du fonctionnement cardiaque de ma compagne 100BsF.
C'est dans ces moments là que je me dis que la population du Venezuela est très patiente, très indulgente et même trop. En France, je n'aurais pas attendu mais j'aurais demandé un autre rendez-vous. Ici, il faut prendre un jour de congé pour faire une visite. Et comme on a 15 jours de congé par an, he bien souvent, on y va pas.
Après une radiographie du thorax à 80BsF, où l'on a attendu à peine un quart d'heure, on part tôt le lendemain matin chez le pneumologue, pour y être bien en avance. Il commence à 9h le matin. On y est à 8h30, cinq personnes sont devant nous dans la salle d'attente qui est commune à plusieurs cabinets. De mieux en mieux.
Manque à l'appel cependant, le toubib. Il n'arrivera qu'a 10h30 sans aucune excuse de sa part, ni aucune
explication, comme si de rien n'était. Nous entrons dans le cabinet à 11h30 pour un petit quart d'heure
de visite, quelques questions et mesures, un petit tableau récapitulatif sous Excel et pan! 80BsF.
Je ne vais pas raconter l'opération qui s'est correctement déroulée, même si on nous a menti lorsqu'on nous a parlé avant l'opération d'une petite cicatrice. Une cicatrice de quinze centimètres de long, pour moi, ce n'est pas petit, même si elle ne se voit pas en maillot de bain. Mais je ne suis pas latino, et donc pas assez indulgent. Je suis français et les français se plaignent tout le temps, c'est bien connu.
Lors d'un retour en France, j'ai discuté avec une amie brésilienne qui a eu la même opération en France et qui avait consulté son médecin au Brésil. Dans les deux cas, on lui programmait une hospitalisation de 10 jours. Ma compagne à du libérer la chambre le lendemain matin de l'opération. Je vous laisse juger du niveau de soin et l'attention que l'on porte aux malades.
Voila mon premier contact avec la médecine du Venezuela. Et là, c'est la médecine des riches, pour ceux qui peuvent cotiser pour une assurance hospitalisation et qui peuvent avancer tout de même 770BsF plus d'un mois de salaire minimum de l'époque (qui était à 600BsF). Le remboursement se fera plus tard, bien plus tard. Certaines assurances obligatoires pour le personnel travaillant pour le gouvernement mettent plusieurs mois pour vous rembourser. Cela n'a rien à voir avec la sécurité sociale ou une assurance mutuelle à la française. La sécurité sociale dont le nom existe ici, à un rôle de présence. Le système de santé est donc "légèrement" différent de la France.
Ici, il y a des pharmacies dépendantes de la sécurité sociale dans les hôpitaux. Quand on est malade et que l'on a pas d'argent, on va à l'hôpital de la sécurité sociale qui est lui même tout aussi pauvre que vous. Là, le médecin, qui est souvent bien seul, diagnostique une varicelle ou une autre maladie à votre enfant par exemple et vous dit, "va à la pharmacie car ici, on n'a plus de médicament pour traiter ton enfant". Tu vas donc à la pharmacie de la sécu avec le papier du toubib et on te dit: "No hay". Tu cotises à la sécurité sociale et tu n'as pas les médicaments. Tu dois donc aller les acheter de ta poche dans une pharmacie normale (de riche) et demander par la suite le remboursement du médicament à la sécurité sociale qui n'a déjà pas de tunes pour les acheter. Bon courage!
L'état devrait donner un paquet de fric pour que le système fonctionne. Alors, pourquoi cela ne marche
pas?
Cela ne marche pas, a mon avis, parce qu'il n'y a pas grand monde qui cotise et aussi car il y a un
manque énorme d'organisation dans ce pays. Je veux dire par là que c'est souvent le bordel et lorsque
vous posez une question deux fois à des personnes différentes du même organisme d'état, vous n'aurez pas
la même réponse.
Normalement c'est l'employeur qui inscrit l'employé auprès de la sécu, mais il "oublie". De plus, quand l'ouvrier est en arrêt maladie (hors longue durée), c'est pas la sécu qui paye, mais l'employeur. Vous comprenez mieux pourquoi il "oublie" d'inscrire son personnel ? J'ai d'ailleurs vu des annonces (légales) proposant un emploi où l'on te demande de venir à l'entretient d'embauche muni d'un certificat médical pour travailler dans un supermarché. C'est juste pour être sûr que tu es en bonne forme et que tu ne vas pas prétendre à un arrêt de travail pour une hernie après une semaine de taf.
Cette cotisation sociale obligatoire pour l'employé s'appelle S.S.O (Seguro Social Obligatorio) et c'est l'employeur qui la prélève sur le salaire et la verse directement à l'Instituto Venezolano de los Seguros Sociales (I.V.S.S.). Elle est partagée par l'employé 4% du brut (en gros, car le calcul est farfelu) et par l'employeur avec un taux variable entre de 9% à 11% suivant la classification du risque d'accident de l'entreprise. Dans cette cotisation est inclue le semblant d'assurance maladie, maternité, vieillesse, invalidité, retraite etc.
J'ai demandé combien me coûterait une assurance hospitalisation privée chez Seguros Caracas. On m'a répondu en novembre 2008 que cela me coûterait 1650BsF. Cela fait tout de même deux mois de salaire minimum à l'année. On peut payer en une fois ou tous les mois avec un petit pourcentage en plus. Une fois couvert par cette assurance (hospitalisation seulement), vous devez aller chez les médecins qui sont affiliés à cette assurance.
Bon nombre d'ouvriers ne veulent pas cotiser car il savent que les pharmacies des hôpitaux sont souvent vides et préfèrent donc avoir l'intégralité de leur paye pour acheter leurs médicaments dans des pharmacies mieux fournies.
J'ai discuté avec des travailleurs gagnant le faible salaire minimum de 614BsF (avril 2008) par mois (soit 286$US). Elles m'ont affirmé que par le passé, on avait accès à plus de médicaments et que la sécurité sociale locale marchait mal, mais mieux qu'aujourd'hui.
C'est paradoxal, car l'actuel président (Hugo Raphael Chavez Fria) est celui qui a intensifié et continue le recouvrement des cotisations et le paiement des quelques impôts existants (ce qui ne me semble pas une mauvaise chose).
Pour travailler avec le gouvernement par exemple, les sociétés répondant aux nombreux appels d'offres
doivent être en règle avec leurs cotisations sociales, sinon, elles sont écartées des marchés et payent
une amende en plus de l'obligation de payer les retards. Je ne sais pas si cela se pratique en
France.
Quand on sait que beaucoup d'emplois sont sans contrat, donc non déclaré, cela ne change pas grand chose
au problème, puisque un salarié non déclaré n'est pas contrôlable.
En plus de cela, lorsque l'on a une vitrine (de commerce par exemple), on vous colle une belle affiche en papier autocollant, assez difficile à enlever, avec écrit en gros "Fermé" ou "En retard" avec les dates de paiement des cotisations comme ici à gauche.
Plus récemment (en novembre 2008), je suis allé à l'hôpital Razetti qui est le plus gros centre de soin
de l'état d'Anzoategui.
Cet hôpital dépend du ministère de la santé. Un autre hôpital existe aussi à Barcelona qui lui dépend directement de la sécurité sociale. Les deux hôpitaux sont publiques et dépendent bien évidement du même ministère de la santé. Vous pouvez aller à votre convenance dans l'un des deux hôpitaux lorsque vous cotisez à la sécurité sociale du Venezuela. Mais en cas d'accident de travail ou d'incapacité à travailler par exemple, l'hôpital Razetti ne vous doonera pas de papier officiel de la sécu. Il vous faudra aller au service de la sécu avec les papiers de l'hôpital Razetti pour demander un arrêt de travail officiel que vous amènerez à votre employeur. Facile les soins dans ce pays!
Je me rends donc à cet hôpital, avec ma compagne une nouvelle fois, mais cette fois ci, elle vient faire un don de sang. Une amie l'a appelé car son père est malade et attend une opération. Elle voudrait savoir si Marjorie est d'accord pour donner un peu de son sang qui est compatible. Aucun problème, on va à l'hôpital le lendemain, et s'offre à moi une vision d'horreur, pire que la dernière fois. Les poubelles ne sont pas ramassées tous les jours et garnissent le peu d'espaces verts restant. Quelques chiens errant se baladent et se délectent à ouvrir les sacs.
L'hôpital étant en travaux depuis plus d'un an, les gravats sont partout ce qui
fait que l'on ne peut quasiment plus se garer. On refait la façade en autre, comme si cela était
primordial que l'hôpital paraisse neuf de l'extérieur. Le bruit des marteaux piqueurs est effrayant. Je
lève les yeux et il manque des carreaux un peu partout sur les fenêtres.
Les flics sont devant l'entrée et filtrent les allés et venues des visiteurs. On nous laisse rentrer sans problème. Il est 7h15. Depuis l'accueil du rez-de-chaussez, où tout le sol et les murs sont rutilant d'un carrelage récent, nous passons aux étages supérieurs à pieds car les ascenseurs sont en pannes.
On arrive au troisième étage par des escaliers qui ne sont pas fermés et où les murs sont ajourés pour que les pigeons puissent y nicher. Quand il pleut, l'eau coule sur les marches. C'est une bonne idée dans un lieu où l'on croisera pas mal de gens ayant des difficultés pour se déplacer!
Le bruit de la foule se fait plus intense, on arrive à l'étage du don de sang. Une foule impressionnante est là, attendant sur le palier. On s'inscrit et nous donne un ticket. Nous avons le numéro 57. On appelle à l'instant le numéro 6. Bon, eh bien on a largement le temps d'aller voir le malade dans sa chambre.
On franchit des couloirs bien sombres par endroits car les néons sont en pannes.
J'aperçois une seringue usagée dans le creux d'un mur dans un couloir, dans une des nombreuses alvéoles
qui laisse passé l'air encore frais de la matinée. On arrive enfin à la chambre du patient qui nous
remercie tout de suite d'être venu. Il se porte bien et nous explique qu'il n'a pas pu être opéré ces
derniers jours suite à une coupure d'électricité. Il était prêt à partir pour le bloc, mais le chirurgien
lui a expliqué qu'il ne prendrait pas le risque de l'opérer avec les groupes électrogènes car son équipe
médicale et lui même n'avaient pas confiance dans cette installation de secours.
Alors là, moi, petit français, je me dis: "mais ils sont cons ou quoi, ils n'ont pas de système d'électricité fiable (donc pas d'eau), et les premiers travaux que le gouverneur entreprend, c'est la façade ? Mais on marche sur le tête!"
La façade, une fois finie, les hommes politiques pourront posés avec le président et feront de biens belles photos qui feront le tour des états dans les journaux et à la télé. On ne verra pas que l'intérieur est en ruine. Ensuite, les photos seront affichées partout dans l'hôpital. C'est d'ailleurs déjà le cas pour les soins d'urgences où je suis hélas déjà allé pour visiter une connaissance.
En attendant des travaux intérieurs, si jamais on a assez d'argent pour le faire, il faut se contenter d'une chambre sans toilette et sans point d'eau potable. C'est la famille qui vient tous les jours pour lui amener des bouteilles d'eau minéral que l'on jette par la fenêtre une fois vide car il n'y a pas de poubelle. La chambre est double et elle est séparée par une petite cloison d'un mètre cinquante de haut. La peinture aux murs tombe en lambeau sur le sol. Il n'y a pas de rideau aux fenêtres pour occulter le soleil de feu et il manque une vitre. On bricole un rideau avec des draps en plus. Il n'y a en tout et pour tout qu'une seule prise de courant dans la chambre et elle est de l'autre coté de la séparation, là où l'autre lit est inoccupé pour l'instant. Une rallonge pendouille au dessus de cette cloison pour alimenter le chargeur de téléphone portable du malade. Une bien pauvre ampoule électrique pendouille au mur, tenue par des câbles scotchés entre eux, avec son lot de toiles d'araignées.
Et dire que l'on voit partout dans l'état d'Anzoategui des publicités du gouverneur (réélu le 23/11/08), qui expliquent que c'est lui qui a fait le plus pour son état. Si jamais c'est vrai, je n'ose pas imaginer comment c'était avant.
On retourne dans le hall qui sert de salle d'attente pour le don du sang. Le brouhaha est intense. On braille naturellement au téléphone portable pendant que des infirmières tapent sur les portent des ascenseurs pour qu'ils s'arrêtent. On appelle le numéro 11. Je me dis: "Merde, c'est pas possible, ils n'ont qu'un siège!".
Les gens présent ici ont vraiment du mérite. Ils donnent leur sang sans aucune contrepartie et en plus ils perdent leur matinée. On a même pas droit à un verre d'eau, alors un sandwich ou un jus d'orange, tu peux courir! S'ils savaient comment se font les dons de sang en France...
Les infirmières bloquées aux portes des ascenseurs me sidèrent. Les boutons d'appels des ascenseurs ne marchent pas. Elles crient en tapant durement sur les portes en métal "piso tres!". Les personnes dans l'ascenseur entendant (ou non) les appels à l'aide, appuient de l'intérieur sur le bouton correspondant pour que l'ascenseur revienne par la suite. Je rêve éveillé. C'est pas croyable que l'on en soit à ce niveau dans l'hôpital le plus grand d'un état riche en pétrole.
Il est 11h15, Marjorie sort enfin de son don de sang. Il n'y avait que trois sièges pour les donneurs. Elle a spécifié que c'était pour le patient d'une chambre plus haut. Je ne savais pas que l'on pouvait spécifier le receveur du don. Cela me parait bizarre car je pense qu'il y a des personnes qui sont dans un état bien plus grave (lors d'un accident de voiture ou d'un accouchement par exemple) et qui auraient besoin de ce sang en priorité. Mais non, ici c'est un don, mais nominatif. Cela me renforce dans l'idée que les habitants de ce pays sont très individualistes.
En attendant ma compagne, je remarque une affiche precisant les conditions pour être donneur de sang.
Un petit clic pour agrandir
Nous ne sommes plus beaucoup dans ce hall et quand je regarde au sol, j'aperçois de nombreux petits morceaux de cotons qui ont été donné par les infirmières, juste après avoir retiré l'aiguilles du bras des donneurs.
Il y a pourtant de nombreuses petites affiches où il est écrit "aidez nous à maintenir ce lieu propre", mais cela n'est pas suffisant pour que l'on prenne conscience du besoin d'hygienne dans un tel lieu.
(Salaire x 12 mois / semaines travaillables dans l'année) x (pourcentage S.S.O. x le nombre de lundi dans le mois en cours)
Donc, plus il y a de lundi dans le mois, plus tu payes de cotisation. Cela me parait étrange, je pensais
que l'on paierait ses cotisations par rapport au nombre d'heures travaillées dans le mois ou dans la
semaine, mais bon... On est plus à cela près comme étrangeté....
Edition débutée en avril 2008