Pour voyager au Venezuela, on a trois solutions: l'avion, le bus et la la voiture.
Dans la voiture, j'inclus les taxis et j'oublie volontairement les motos. Les motos sont utilisées principalement pour éviter les embouteillages. Il est assez périlleux de voyager à moto et il n'y a d'ailleurs pas beaucoup de personnes qui s'y risquent.
Il n'y a pas de train. Jadis, il y en a eu fonctionnant au charbon. Aujourd'hui, à part le métro de
Caracas et le train du Tuy, il n'y a rien. Juste quelques projets fantasmagoriques de trains dans tous le
pays mais sans aucun travaux, et ce, à l'horizon 2025.
A ce propos, le métro de Caracas fortement climatisé, qui possède seulement trois lignes (6 dans le futur), est fabriqué par Alstom et a
été mis en service en 1982. Il est étonnant qu'il soit en si bon état. Pas de sièges tagé ou de vitres
pétées. Il n'y a pas non plus beaucoup de publicité, à part celle à la gloire du gouvernement en place.
De plus, les stations sont bien plus propres qu'en France. Le contraste en sortant du métro pour aller
dans la rue, en revanche, est très important.
En ce qui concerne l'avion, il existe quelques petites compagnies. Elles ne proposent que peu de lignes intérieures et les prix sont assez élevés. Certaines compagnies ne sont présentes que dans les grandes villes. Voici quelques noms et liens de compagnies aériennes pour les vols intérieurs:

Quand on fait la conversion des prix en euros, évidemment, cela peut paraître bon marché comparé à la
France. Rien que la taxe d'un petit aéroport français fait le prix d'un billet vénézuélien. Mais quand on
fait la comparaison par rapport au salaire minimum, alors là, cela n'est plus du tout accessible. Un
exemple:
Caracas-Barcelona aller simple le plus économique 220BsF (taxe incluse) en novembre 2008. Par contre quand on gagne le salaire mensuel minimum de 800BsF, cela représente plus d'un quart de ses revenus. Une petite carte du Venezuela au chapitre géographie.
Il n'y a que 330km entre ces deux villes. Alors, pourquoi y aller en avion? D'autant que les avions sont très souvent en retard. Alors? Quand ils sont à l'heure, on ne met que 45 minutes pour ce voyage et on gagne donc pas mal de temps avec le bus ou la voiture. Mais ici, le temps n'a pas d'importance pour la majorité des gens.
Petite chose amusante: vous venez par exemple d'un vol via Air France (ou autre) avec une valise de 23kg à l'aéroport international de Caracas qui s'appelle Maiquetia. Pas de problème. Vous prenez un avion pour une destination intérieure, et là, c'est 20kg. Donc on vous demande un supplément pour dépassement de poids.
Autre petit détail lorsque vous avez des bagages enregistrés, on vérifie systématiquement à la sortie la correspondance des codes barres entre votre carte d'embarquement et l'étiquette sur votre valise. Donc, ne pas jeter ou perdre son billet avant d'être sorti de l'aéroport!
Ne cherchez pas trop de modernité dans les aéroports du Venezuela. Par exemple, l'aéroport de Barcelona (560 000 habitants), qui est soit disant international, ne possède aucun écran dans le hall pour afficher les vols qui décollent ou qui atterrissent. Par contre, on a droit à quatre écrans plats assez grands pour admirer les progrès, que dis-je, les exploits, de la révolution bolivariènne. J'en rajoute peut être, mais quand l'avion a une heure et demi de retard et que l'on se coltine la propagande d'état en boucle, cela gonfle et je suis gentil. D'autant que l'on aurait pu se servir de ces écrans pour afficher les retards des vols au lieu de m'expliquer qu'il faut voter pour le PSUV par ce qu'ils sont gentils.
C'est de loin le moyen de transport le plus utilisé quand on veut faire un bout de chemin pour voir sa
famille par exemple de Caracas à Maturin ou de Barcelona à Maracaibo. Cela fait 1000Km et on met en temps
normal entre 12h et 14h.
De la même manière qu'il y a des gares pour les trains en France, il y a des gares routières pour les bus
et les taxis qui font des longues distances. Toutes les villes possèdent leur "terminal" plus ou moins bien agencés et en général en centre ville. Cela provoque de
très beaux embouteillages dans les rues alentour. Les taxis ont la même gare routière et sont parfois
plus rapide que les bus. Ces taxis que l'on appelle carritos sont très
souvent des voitures américaines hors d'âge et dans un état pitoyable. Vous pouvez voir une petite
galerie de photos de taxis ici et des exemples de voitures
américaines ici.
Quelques noms de et liens de compagnies de bus:
Peliexpress, Flamingo

J'ai souvent pris le bus pour faire Barcelona-Caracas. Le voyage dure en gros 5h. J'ai déjà mis 4h de
nuit comme plus de 8h30 un jour de grosse pluie. Les bus sur deux niveaux qui font de longs parcours sont
assez récents et confortables. Ils ont un WC, la radio, la télés avec lecteur de DVD qui nous montre les
films les plus piratés du moment. Ils ont aussi des sièges qui s'inclinent quasiment à l'horizontal.
Malheureusement, la climatisation est à fond et la température descend à 17ºC. Tout le mode se couvre
donc dans ces bus. Certain ont des anoraks, des bonnets et moi j'ai une couverture polaire que j'ai
acheté à Caracas car ici à Barcelona, avec 28ºC de moyenne, c'est plutôt dur à trouver. Quand on sort du
bus pour faire une pause ou à l'arrivée, le choc thermique est garanti.
Les conducteurs des bus sont souvent habillés tel des pilotes d'avions avec un uniforme et des gallons.
Il faut dire aussi, qu'ils naviguent, d'une certaine manière au sol, pour éviter les nombreux nids
d'autruches sur les routes.
Petit détail qui a son importance, le conducteur peut gonfler ou dégonfler selon son goût la pression des
pneus tout au long du parcourt. On ne ressent donc que partiellement les nombreuse aspérités de la route.

Les pannes et les accidents de bus sont assez fréquents et parfois dramatiques. On voit assez souvent un
mécano maquillé comme un ramoneur en bord de route qui s'affaire, avec les pièces et les boulons, tous en
bordel sur la route.
Le prix n'est pas super bon marché non plus et cela n'est pas du au prix de l'essence. Barcelona-Caracas aller simple: 65BsF (février 2010) et Maracaibo-Barcelona aller simple: 90BsF. Par contre, cela ne fait pas cher de l'heure.
Quand vous achetez un billet, vous le demandez pour tel jour et telle heure. Si vous ne vous présentez
pas au bus, votre billet est toujours valable. Vous ne confirmer votre présence dans le bus que quelques
minutes avant. Il vous suffit de venir à l'accueil et de demander le changement de date. Vous n'avez pas
besoin de prévenir que vous annulez (a vérifier tout de même avec toutes les compagnies). Le billet reste
valable un an. Le bus part donc assez souvent avec des places de libres.

Les minis bus sont souvent de
vieux vans américains où l'on peut entrer à plus de dix, alors que l'on ne tient pas debout et qu'il n'y
a que 5 sièges. Les autres minibus ont une vingtaine de sièges mais avec un couloir central. On peut donc
augmenter considérablement la capacité de clients au détriment de la facilité à monter ou descendre du
bus.
Ces minibus n'ont aucun contrôle technique à passer pour rouler. Il était question d'un examen visuel par
une autorité compétente en 2009. Les grèves et les protestations des conducteurs des ces petits
transports organisés en coopératives paralysant le transport de citadins, l'état à vite fait machine
arrière. Il n'y a donc aucun contrôles des véhicules. S'il y avait un contrôle sérieux (ce dont je doute
fortement dans ce pays), il n'y aurait pas la moitié des minibus et des taxis qui seraient autorisés à
rouler.

Quand on trouve un minibus qui n'est pas trop rempli ou qui n'est pas en panne au milieu de la route, on
y monte volontiers. Il faut dire que le choix est vite fait entre un bus bondé ou à pied sous un soleil
de plomb.
Le prix pour le bus est attractif. En mars 2007, lors de mon arrivée c'était 800Bs ou 0.8BsF. En ce
moment où j'écris, on est à 1500Bs ou 1.5BsF (soit 0.7$US) et les coopératives se plaignent du faible
bénéfice et veulent augmenter les tarifs qui ne sont pas libres. Le tarif n'est pas fonction de l'essence puisque son prix n'a pas changé depuis 10 ans, mais dépend plutôt
de la somme à consacrer pour maintenir roulant le véhicule et la rareté des pièces détachés disponibles,
neuves ou d'occasion.
Ces minibus n'ont pas d'horaire ni d'arrêts dédiés à proprement parler. Quand vous voulez vous arrêter,
vous le demandez. Là, je parle pour l'est du pays qui est bien en retard sur Caracas. A Caracas, il
existe des bus beaucoup plus grands, de taille comparable à la France. La capitale possède tout de même
un réseau de minibus et de taxis dans le même état qu'à Barcelona. Les métro-bus de Caracas ont un
semblant d'horaire mais personne ne regarde sa montre car on est pas spécialement speedé. On peut acheter
un ticket qui donne droit au bus et au métro (900Bs ou 0.9BsF soit 0.42$US).
Edité en février 2009