Les vénézuéliens

Dans cette page, je vais faire un résumé sur ma vision de la population. Ce n'est donc pas une étude sociologique ou démographique mais une caricature personnelle des vénézuéliens.

Une fois n'est pas coutume, je vais commencer par les hommes puis les femmes et enfin les enfants. Ce n'est pas très galant, mais cela respecte assez bien la hiérarchie familiale du pays.

Les Hommes:

Autant le dire tout de suite, le Venezuela est un pays où le machisme et la misogynie sont excessivement présents. Le vénézuélien, que je vais donc appeler "le Mâle", est avant tout un chef de famille. D'ailleurs, une des expressions pour un chef de famille, c'est cabeza de familia (tête de famille). La tête de la famille, c'est l'homme, le mâle.
Un chef, au travail comme au sein d'une famille, ce n'est pas forcement celui qui travaille le plus, mais celui qui donne les ordres ou les directions à suivre. Il décide des orientations à suivre pour tous. "Toi, tu vas à l'école pour faire telles études, toi, tu seras ingénieur, toi tu seras médecin, et si cela ne te plaît pas, c'est pareil! Toi, tu ne feras pas d'études d'hôtellerie ou de restauration, car la cuisine, c'est un métier de gonzesses. Et je ne veux pas que mon fils fasse un métier de nana!". Dans un autre registre, quand l'homme à faim, il faut que son repas soit prêt. C'est caricatural, mais c'est bien encré dans la tête des hommes. Cela dit, l'homme latino a progressé au Venezuela car il bât beaucoup moins sa femme que par le passé, même s'il reste encore beaucoup progrès à faire, comme en France. Le père de famille "standard" me parait adorer les enfants. Ce n'est hélas pas pour cela qu'il va leur préparer un biberon, changer une couche, les amener chez le pédiatre ou à l'école, bref, s'en occuper.

Avec une taille moyenne de 1m71, la population masculine n'est pas plus grande qu'en France. Cela dit, même si on souffre de pénuries alimentaires cycliques, on se porte bien et il me semble que l'homme latino arbore ici une gentille brioche et de belles poignées d'amour.

Très généralement, le vénézuélien ne porte que des pantalons. Il a beau faire 30º ou 40º à l'ombre, c'est pareil, on porte un jean. Seul les touristes comme moi se baladent en short et tongs, ce qui me rapproche du mode vestimentaire des gringos.

Les hommes en pantalon transpirent en abondance et ont souvent sur eux un pañuelo (mouchoir en serviette éponge) autour du coup, sur l'épaule ou débordant de la poche arrière pour s'éponger le front et le cou.

L'homme porte un couvre chef du type casquette américaine (de jour comme de nuit et peut-être même au lit) à l'effigie de son club de baseball préféré, qu'il soit vénézuélien ou américain. Le baseball est de loin le sport le plus pratiqué et suivit par les vénézuéliens, au stade comme devant la télé. On prends même un abonnement satellite pour suivre le championnat américain. Il faut dire aussi que beaucoup de joueurs vénézuéliens sont partis aux Etats-Unis pour y faire carrière, donc on les suit. Même les journaux locaux donnent les résultats du championnat américain et les statistiques des joueurs. Après le baseball, il y a le foot puis le basket américain (NBA).

Très souvent, on voit les hommes portant un polo ou une chemise où sont brodés le nom de son entreprise et parfois les divers fournisseurs ou les nombreuses marques vendues par celle-ci. On est visiblement très fier de montrer que l'on travaille pour l'entreprise de piscine "Sanzo" ou du concessionnaire automobile "Jean Tube" ou la banque "Enfoaros". On rajoute à cela un badge magnétique autour du coup avec votre nom, votre photo et votre fonction. Cela se rapproche fortement du mode vestimentaire professionnel américain.

Quand le mâle a une voiture digne de ce nom (j'entends par là, en état de fonctionnement normal aux yeux d'un européen), il range ses clefs dans une des poches de son jean mais laisse ressortir la télécommande de son alarme. Cela peut paraître anecdotique ou caricatural, mais c'est un fait que j'ai remarqué partout. Dès qu'il touche à cette télécommande, la voiture hurle pour montrer qu'elle est bien protégée. On subit donc de jour comme de nuit, un concert permanent d'alarmes et de klaxons automobiles. Le résultat obtenu est contraire au but recherché puisque lorsqu'on entend une alarme aujourd'hui, tout le mode s'en fout.

L'homme est extrêmement fier de sa voiture, qu'elle soit neuve ou en ruine, mais ce n'est pas pour cela qu'il l'entretient mécaniquement. Ici, on n'use pas jusqu'à la corde mais jusqu'à ce que cela casse et principalement en cours d'utilisation. Cela fait l'objet d'une autre page dédiée à la manière de "conduire" au Venezuela.

A la ceinture, l'homme range son mode de communication préféré, le téléphone portable. L'utilisation du téléphone est très intense (87% des foyers en possède au moins un). C'est à croire que les vénézuéliens naissent avec un téléphone collé à l'oreille.

Bien souvent, l'homme en possède deux. Je ferai sûrement dans un avenir proche une page sur quelques particularités technologiques du pays.

Quand le où les téléphones sonnent, l'homme répond en toutes circonstances qu'il soit au cinéma, au supermarché en caisse, au restaurant, au travail, dans un hopital, en voiture avec une bière dans l'autre main, à la piscine, à la plage (cette fois ci avec un whisky à la main), à vélo, en moto (plus facile puisque sans casque), dans une salle d'attente chez le toubib etc...

Généralement, l'homme est très loin d'être discret au téléphone et l'on peut profiter des conversations publiquement sans chercher à être indiscret. Cela me rappelle un sketch de Franck Dubosc caricaturant un mec frimant à une terrasse de café et répondant au téléphone en criant. Cela ne ferait pas rire ici, tout le monde parle très fort ou hurle quasiment au téléphone et bien peu de personne vont à l'écart pour parler plus discrètement. Personne (à part les étrangers comme moi) ne semble être dérangé par cette attitude.

Le vénézuélien a généralement un très net penchant pour le whisky américain. Je n'ai donc plus aucun complexe sur ma consommation de vin en France, loin de là. On sert le whisky dans un verre rempli de glaçons et muni d'une petite serviette en papier que l'on prendra soin de jeter à terre par la suite. La chaleur étant intense, le serviette absorbera la condensation apparaissant rapidement autour du verre. Pour refroidir plus rapidement sa boisson préférée, l'homme fait tourner les glaçons en plongeant son index dans le verre. Il est impossible de ne pas assister au rituel dans un bar, lors d'un apèro familial ou à une quelconque fête.

Cela dit, le rhum, bien meilleur marché, est aussi très présent. A ce propos, le rhum est ici très majoritairement brun et vieillit. Le rhum blanc (encore moins cher) a une connotation d'alcoolique.

Après cela, vient le très grand attrait des vénézuéliens pour les nombreuses marques de bières "light" du pays. A moins de 1500Bs ou 1.5BsF la canette (0.7$US), il sera difficile de faire moins accessible. "Light" ne veut absolument pas dire bière légère en alcool mais avec moins de colories. Je précise qu'il n'y a aucune lois interdisant la publicité sur les boissons alcoolisées, mais la vente est interdite aux mineurs. Des photos des boissons ici et mon chapitre boisson . Il ne sera donc pas rare de voir des hommes à tous moment de la journée devant une licoreria (débit de boisson) avec la bière à la main et une multitude de bouteille vide et de capsules par terre ou incrustées dans le goudron des routes. De la même manière, en voiture, en vélo ou à moto, la bière est consommée en abondance. Dans la majorité des cas, les bouteilles en verre ne sont pas consignées et il n'y a aucun service de tris sélectifs ou de recyclage. Seul les canettes en aluminium sont ramassées par la population la plus pauvre pour les revendre au poids au ferrailleur du coin.

Le vénézuélien est un brin coureur (lui a le droit, mais pas sa femme) et quand il s'adresse à une femme (belle ou pas), c'est souvent en ces termes: "mi amor, mi reina, mi vida, mi cielo, mi corazon, mi estrella" (mon amour, ma reine, ma vie, mon ciel, mon coeur, mon étoile). Cela n'a pas la même signification en Français. Ici, c'est juste affectueux, même si l'on n'a jamais vu la personne. En fait, c'est une manière de commencer une discussion. Là, je parle d'une manière polie. Même dans une banque ou chez le médecin, on utilise ces termes. La manière moins polie, mais tout aussi utilisée dans la rue, c'est de siffler la jeune femme qui passe et de lui faire part en criant que vous n'êtes pas insensible à ses formes.

Je pense que l'on a là une caricature acide de l'homme du pays.

Les femmes:

J'ai commencé honteusement ces quelques lignes par les hommes en insistant sur leurs traits caractéristiques et notamment le machisme.

Une des caractéristiques majeures des femmes (qui en est de plus à leur honneur), c'est à mon avis, de posséder beaucoup de patience pour supporter notamment les hommes du pays. Je suis toujours surpris de voir aujourd'hui à quel point elles sont patientes dans leur dure vie quotidienne.

Une femme au Venezuela est très souvent dévouée à évoluer au foyer. Et quand je parle de femme au foyer, il vaut mieux comprendre "boniche" que l'on appelle ici cachifa. J'en veux pour preuve des actes de naissances (pour des personnes d'une quarantaine d'année) où la profession de la mère était décrite par "taches incombant aux femmes".

Elle se tape donc toutes les taches ménagères en plus de préparer les repas quotidiens pour l'homme qui adore manger et de s'occuper des nombreux enfants. On dit ici souvent que les femmes ne travaillent pas. Mais faire tout le ménage, gérer le budget bouffe (avec ce qu'il reste du salaire que l'homme a consommé en alcool et en loterie), faire les courses dans un pays ou l'inflation est aussi dingue que l'approvisionnement est incertain, s'occuper des nombreux gamins, tout cela au quotidien, si c'est pas du taf à part entières ...?!

Quand je vais au marché municipal le dimanche (le marché est quotidien), je vois que les couples sont plus présents que les autres jours. L'homme décide du menu et la femme choisit à qui elle achète et c'est l'époux qui paye. Le commerçant donne alors les pesantes bourses bleues (symboles du marché) à la femme, car c'est elle qui porte pendant que son mari sirote sa bière à la bouteille et range la monnaie.

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Les vénézuéliennes sont connues en Amérique Latine pour être de très bonnes clientes (les meilleures en fait) aux rayons cosmétiques des supermarchés et pharmacies. De plus, il existe énormément de salons de coiffure et d'instituts de beauté, ce qui prouve qu'il y a de nombreuses clientes. Les salons de manucure pullulent et les ongles en résine que l'on colle font plusieurs centimètres de long et sont parfois peint de manière particulièrement voyante.

Je me souviens qu'au cours de l'année 2007, l'état en son sommet a déclaré réduire les accords de paiement concernand les produits de beauté importés, et notamment des teintures pour cheveux qui commençaient à se faire rares dans les magasins. La réaction de la communauté féminine de ne s'est pas faite attendre. J'ai entendu plusieurs fois sur diverses radios des présentatrices rire de cette situation et qui se demandaient si elles n'allaient pas bientôt finir par ressembler à des singes. Evidemment, c'était de l'humour, mais l'idée que sans cheveux colorés, et permanenté, elles se rapprocheraient des singes n'est pas anodine. On consomme beaucoup de cosmétiques de manière naturelle et l'on fait très attention à son apparence, même quand le surpoids est très important. Le traitement capillaire est primordial.

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C'est à tel point vrai que la chirurgie esthétique s'affiche partout en publicité. En effet, la pub pour les cliniques privées est autorisée comme pour toutes autres activités médicales et donc commerciales.

Il y du soleil tout le temps ici, et il n'y a pas de magazines féminins pour annoncer la période des régimes visant à faire disparaître les rondeurs avant la saison ensoleillée. Au Venezuela, l'été est quotidien. Il est donc obligatoire de s'occuper de son corps toute l'année. Et quand on veut perdre du poids, la solution facile, c'est la liposuccion! C'est un cadeau que l'on offre à sa femme ou à ses enfants. Etonnante coutume, vous ne trouvez pas ?

Allant de paire avec la lipo, il y a la pose de prothèses siliconées (les françaises étant un argument d'excellente qualité) pour avoir un fessier rebondi et pour être pechugona ou tetona (seins tellement volumineux que l'on voit la signature du chirurgien) comme à la télé, comme les miss Venezuela et comme toutes les présentatrices ou actrices jeunes ou moins jeunes des novelas (séries télé sans fin d'Amérique Latine).

Je suis une nouvelle fois étonné du nombre de femmes qui se font opérer et trouve cela "normal", majeure comme mineur. Et tout cela grâce à Mastercar, Visa ou American Express car on paye la norme de beauté dictée par les médias à crédit. J'ai même vu une banque qui en faisait la publicité principale sur la vitrine. Ne riez pas, les magazines d'ici ont les mêmes critères qu'en Europe, à savoir: gros seins et fessiers dessinés pour les femmes et grosses voitures pour les hommes.

Parfois, ce sont les pharmacies elles mêmes qui proposent le crédit à grands coups de spots télévisés publicitaires, avec l'aide d'une jeune actrice, particulièrement connue et reconnaissable dans le pays pour ses profonds et volumineux décolletés. Le décolleté est d'ailleurs de saison toute l'année, et quand on est dans le commerce, attiré le client est une nécessité que l'on a compris.

Je me rappelle avoir vu une publicité dans une pharmacie pour un jeu concourt. Les hommes gagnaient un scooter et les femmes, une opération mammaire. Le prix d'une telle opération à augmenté, inflation oblige. Il faut maintenant débourser entre cinq et six mille Bolivares forts soit entre 2300$ et 2800$US ou encore sept mois et demi du nouveau salaire minimum de 800BsF par mois (il a gagné 30% en Mai 2008).

Quand on possède de bons arguments, on les met en évidence et on s'habille donc en conséquence. Au niveau vestimentaire, les couleurs vives sont omniprésentes en toute saison. Vu qu'il n'y a que deux saisons, c'est plus facile.

Même si la femme du Venezuela rêve souvent de sculpter sont corps à l'aide du scalpel et de quelques décilitres de silicone, il ne faut y voir une femme petillo (plastica por fuera, vacio por dentro) (une paille, plastique à l'extérieur et creuse à l'intérieur), loin de là. Une mère de famille ne peut pas s'occuper de tout avec ses quatre ou cinq enfants (voir plus). Les jeunes femmes à l'université doivent elles mêmes suivre leurs études et s'occuper de leur premier enfant qu'elles ont bien plus tôt qu'en France. La contraception et le contrôle de la fertilité n'est pas encore entré dans les meurs du pays, la religion ayant encore beaucoup (trop) d'influence.

Les femmes du pays sont connues pour être dotées d'un caractère en acier trempé. Même si le machisme demeure, la femme résiste et impose ses idées avec un peu de temps, sans user de brutalité. C'est une différence que les hommes devraient copier.

Très souvent, j'ai entendu les hommes parler de leur femme (souvent en mal) en les qualifiant de cuaima (chieuse à la puissance 10, traduction libre de l'auteur). cuaima est le nom d'un serpent. On dit aussi parfois anabel qui est une contraction de deux noms de serpents, anaconda et cascabel. Ce sont des termes qui reviennent souvent pour décrire une femme qui tient tête, qui exprime ses idées, qui doute aussi très souvent de la fidélité de son compagnon ou tout simplement jalouse. On appelle ma coopagne (qui est 100% vénézuélienne) la reine ou la chef de l'organisation des cuaimas qui ont un site internet. Je ris rien qu'a entendre ce mot.

Tout comme les hommes, les femmes raffolent de leur téléphone portable et consomme en abondance leurs crédits en tous endroits où l'on capte du signal.

J'en rajouterais plus tard si j'oublie quelques grandes lignes.

Les enfants:

Ce qui m'a le plus frappé et que je ne comprends d'ailleurs toujours pas, c'est quand un enfant né, si c'est un baròn (garçon), le père a souvent pour coutume de l'appeler comme lui. C'est à dire que le premier garçon portera le même prénom que son père.

Cela n'est pas dû à la perte spontanée de la mémoire du géniteur lors de l'accouchement, (auquel il n'assiste pas) devant l'éblouissante beauté et la magnificence de sa progéniture (où sa participation est somme toute réduite), mais plus par fierté masculine qu'il ne va pas chercher à donner un prénom plus personnel à son premier enfant mâle. Je trouve cela con, je n'ai pas d'autre mot qui me vient à l'instant.

Parfois le nouveau père tempère sa fierté et donne un prénom composée. Par exemple si le père s'appelle Luis, il appellera son fils Luis Jose, par exemple. A noter qu'il n'y a pas de trait d'union entre les prénoms composés.

(D'ailleurs, je remarque que lorsque je présente mon passeport pour une formalité administrative, on se plante systématiquement entre les prénoms et le nom de famille. Mieux vaut expliquer avant d'avoir un papier boiteux.) Dans certaines régions on fait une contraction de deux prénoms. Par exemple, les parents ont comme prénom Greimay et Angel. Ils appellent leur fille Greiangel. Le prénom est unique en son genre et le phénomène n'est pas rare. Si Marjorie et Philippe ont un enfant, il peuvent l'appeler Marphil, Philmar, Philorie... Etonnant non ?

Les prénoms américains sont aussi à la mode, mais on les écrit très souvent phonétiquement. John et Johnny deviennent Yon et Yoni, William devient Wilian, Michael devient Maicol, Bryan devient Brayan, Jenifer devient Yenifer, Janet devient Yainneth, Davis devient Deyvis etc...

J'ai entendu parler d'un projet de loi qui devait donner une liste des prénoms possibles et autorisés par l'état civil, mais il y a plus important actuellement. Pendant ce temps, on peut toujours donner comme prénom à ses enfants, Triton, Megatron, et pourquoi pas bientôt Zobilamouche ou X28712 avec un code barre tatoué sur le front !

Après, quand le petit ange est visible et qu'il est présenté à la famille, on lui met la main au paquet en lui disant: "C'est pour qui tout cela ? C'est pour toutes les filles que tu vas rencontrer".

Quand c'est une fille, on ne lui donne pas souvent le nom de sa mère et on ne lui tripote pas la "zezette" pour lui dire que c'est pour tous les mecs qu'elle rencontrera, bien au contraire.

On éduque les filles pour être sérieuses et fidèles et les garçons pour avoir trois, quatre, voir cinq copines en même temps. Cela fait d'ailleurs plus tard la fierté des deux parents qui te disent bien souvent: "au moins, on est sûr qu'il n'est pas homo". Dans le cas contraire, cela serait une raison suffisante pour renier son enfant voir plus. Comment s'étonner par la suite que les mecs soient coureurs et qu'ils trouvent cela normal, si c'est l'éducation standard?

Il est très amusant et très courant de voir les bambins dès quelques mois se trémousser et se déhancher à la moindre note de musique. Le rythme dans la peau de la population me semble être congénital.

Les enfants sont très rarement dans des poussettes ou des landaus. On préfère les porter dans ses bras ou sur l'épaule. Il n'est pas rare de voir dormir les bébés sur l'épaule du père ou de la mère dans les transports en commun, un peu comme si l'on portait un sac de patates.

Pour les 15 ans des jeunes filles, quand la famille est aisée, elle organise une fête où l'adolescente est mise en beauté. C'est le passage de l'âge de jeune fille à celui de femme. On peut d'ailleurs se marier dès 14 ans avec l'autorisation des parents. On invite la famille et les amis où tout le monde est habillé en robe de gala et en costume cravate. La fête est digne d'un mariage pour la jeune fille avec une magnifique robe, son maquillage et sa coiffure.

Pour les jeunes hommes qui atteignent 15 ans, il était autrefois de coutume que le père, les oncles et cousins payent une prostitué au garçon pour fêter l'anniversaire. Les maladies sexuellement transmissibles étant de nos jours plus connues, cela se pratique beaucoup moins. Il n'y a pas de fête particulière similaire aux jeunes femmes.

Quand les enfants grandissent, ils aident naturellement leur mère. Mais les filles aident pour le ménage et la bouffe car ce n'est pas pour les mecs. Faire évoluer les mentalités baignant dans le machisme me parait difficile si les mères éduquent les enfants à se comporter de la même manière que leur père. Je n'ai pas d'enfant, je verrai bien comment je m'en sort si j'en ai un jour.

Les enfants et notamment les jeunes femmes sont mises à contribution bien plus tôt et souvent que les jeunes hommes qui préfèrent mettre au défi la Playstation ou perfectionner sa technique du baseball. Il en résulte un sens des responsabilités que n'ont pas encore les hommes bien des années plus tard.

Tout comme les adultes, les très jeunes enfants ont aussi un téléphone portable. Il n'est pas rare de voir des bambins de quatre ou cinq ans avec l'ancien téléphone du père ou de la mère ou même un téléphone sérigraphié aux couleurs Barbie, Puca ou Walt Disney. Mais là, il n'est pas en plastique, c'est un vrai et avec des crédits.

On voit souvent des enfants dans la rue. Ils travaillent depuis le plus jeune âge. Ils peuvent vendre des bourses en plastiques au marché ou porter vos achats, vous aider à vous garer en voiture ou à sortir de stationnement. Souvent, une petite bande de gamins qui jouent dans la rue ou près d'un parking vous offrira ses services pour veiller sur votre voiture. Evidemment, ce genre de services se payent de manière symbolique en donnant quelques pièces de monnaie.

La scolarité est théoriquement obligatoire jusqu'à l'âge 15 ans. Il existe des quartiers ultra pauvres où les enfants ne sont pas scolarisés et je me demande même si leur naissance a été déclarée, vu que ces endroits sont à l'abandon depuis des années. Ils sont livrés à eux même et tout le monde s'en fout. La population est habituée à voir des gamins dans la rue et personne ne s'inquiète, pas même leurs parents.

Début d'édition en mai 2008

1 commentaire
Bobo a dit le 06/06/2010:

Mon avis sur le Venezuela.
Je suis allé à Valéra dans l'état de Trujillo, à Mérida, à Barquisimeto, à Chichiriviche et à Caracas. Je peux donc comparer et avoir mon avis général sur les vénézuéliens et leur vie. J'ai été aussi en couple avec une vénézuélienne.

Plus, on s'éloigne des grandes villes et plus c'est pire :
Les voitures, de telles voitures ne seraient jamais autorisées à rouler en France ;
les routes, pleins de trous partout même sur les voies rapides;
Et lorsqu'il pleut (des pluies abondantes), qu'on ne voit plus le sol ni devant, faut vraiment connaître la route pour éviter ces trous et donc l'accident ;
ils roulent très dangereusement et ne mettent JAMAIS la ceinture de sécurité !
Ils ont tout le temps une bière à la main.

La nature n'est pas quelque chose de beau pour beaucoup de vénézuéliens, ils jettent tout et n'importe quoi partout ;
on y mange souvent des choses cuites dans l'huile et donc les gens sont très gras, surtout les femmes contrairement au modèle de la femme latine qu'on se fait ici en France ;

L'insécurité y est très important ;
s'il pleut des pluies torrentielles, alors pendant deux à trois jours il n'y a plus d'eau courante ! dur dur pour aller aux toilettes ou se laver quand on est une famille nombreuse habitant en appartement ;
il y a aussi dans certaines régions des coupures d'électricité soudaine.

Par contre, plus on s'éloigne des grandes villes et plus :
il y a de la solidarité forte entre les gens, de l'entraide, très très important dans un tel pays ;
il y a des traditions qui réunissent les gens et ils font la fête en famille et entre amis très simplement ;
ils écoutent de la musique (vallenato, salsa et d'autres genres) du matin jusqu'au soir, ce qui leur donne de la joie de vivre. Et tout ça permet de vivre avec détachement tous les problèmes du quotidien.